Entrevue avec Samuel Cantin

Samuel Cantin | Rues de Montréal - histoires urbaines en bande dessinée | www.ruesdemontreal.com

Samuel Cantin naît à Sherbrooke en 1986. Après des études en cinéma et en littérature, il entame en novembre 2010 un blogue intitulé Phobies des moments seuls, journal spatial du docteur Marcus Pigeon qui paraît en livre l’année suivante, aux éditions Pow Pow. En mai 2013, il publie, toujours chez Pow Pow, sa deuxième bande dessinée, Vil et misérable, empreinte du même humour. Puis  à l’automne 2015 paraît Whitehorse — Première partie, une comédie romantique noire qui lui vaut le prix Bédélys de la meilleure BD publiée au Québec. La suite est prévue pour l’automne 2017.

1. Ton parcours dans la bande dessinée.

J’ai toujours voulu écrire, j’ai toujours voulu faire des films et j’ai toujours dessiné. On dirait que la BD était sous mon nez depuis toujours sans que je m’y lance pleinement. J’ai étudié en cinéma, puis en littérature, puis, en novembre 2010 j’ai commencé à faire un blog basé sur des croquis que je faisais dans mes cahiers à temps perdu. Phobies des moments seuls était le journal intime d’un astronaute, Marcus Pigeon, dans l’espace pendant un an. Quelques mois après la mise en ligne du blog, Luc Bossé des Éditions Pow Pow m’approchait pour le publier. Ensuite j’ai rapidement réalisé toute la liberté dont je jouissais à faire de la BD et j’y ai vu un médium idéal pour moi. Je me suis dit : tous mes scénarios de films, ces ébauches de roman qui ne vont pas très loin, je peux les faire en BD. C’est ce que j’ai fait, Vil et misérable, mon deuxième livre est basé sur un court métrage que j’avais fait à Concordia, Whitehorse sur une nouvelle du temps de mes études en création littéraire.

2. Pourquoi as-tu choisi “La Terre Crawford” comme sujet et comment as-tu décidé de l’aborder, sous quel angle ?

J’ai tout de suite été attiré par l’histoire sur Dandurand, surtout par sa passion des voitures, son esprit de «early adapter». Bien sûr, toute l’histoire sur la fondation de Rosemont est hyper intéressante, mais en lisant qu’il faisait souvent des balades en voiture pour faire visiter les terres autour des Shop Angus, j’ai tout de suite su que ma BD aurait lieu pendant une de ces promenades, je la voyais très clairement. Dandurand et Holt se promenant à bord de sa vieille De Dion-Bouton dans un Rosemont encore désertique, j’aimais l’image. Finalement ce n’est qu’une infime partie du récit. Je voulais dès le début en faire une comédie et quand j’ai lu qu’il avait eut la première plaque d’immatriculation au pays, le Q1 peint à l’arrière de la De Dion-Bouton, j’ai orienté l’histoire vers une version fictive de comment il avait obtenu cette plaque, ce dédale bureaucratique absurde et kafkaïen qu’est le bureau des immatriculations dans mon histoire. (Je revenais personnellement de quelques séances éprouvantes à la S.A.A.Q.)

Samuel Cantin - La Terre Crawford - image à la une | Rues de Montréal - histoires urbaines en bande dessinée | www.ruesdemontreal.com

3. Quelle est ton approche graphique pour ce récit ?

C’est la première fois que je travaille avec de la couleur pour une BD, croyez-le ou non! Donc, forcément, le look est très différent. (Du moins je trouve, c’est peut-être juste moi qui vois la différence dans le fond.) La première chose que je me suis dit en regardant la première planche terminée c’est «Oh mon Dieu on dirait Tintin.» Toujours une influence depuis la plus tendre enfance, on dirait que ça ne transparait toutefois pas nécessairement dans mes romans graphiques en noir et blanc, mais là c’était évident. (Même Dandurand ressemble comme deux gouttes d’eau au Capitaine Haddock, c’est gênant.) Donc, j’ai «Tintinisé» mon style graphique pour l’occasion, si vous me prêter l’expression.

4. On fête le 375e anniversaire de la ville de Montréal ! Quel est ton rapport à la métropole ?

Né à Sherbrooke, je suis à Montréal depuis une dizaine d’années, soit depuis que j’ai 20 ans. Arriver à Montréal à cet âge-là était tellement excitant, j’étais avec mes meilleurs ami(e)s, tous déménagés en même temps et nous découvrions la ville. J’ai fait plusieurs quartiers, mais j’habite maintenant à Outremont et je suis biiiiiiiien, j’adore ça, je ne veux jamais partir, même si j’ai des doutes sur ma capacité financière à m’acheter quelque chose dans le coin… On verra!

5. Quels sont les auteurs qui t’inspirent ?

Je crois être beaucoup plus influencé par le cinéma que par la BD, (bien que je le suis quand même dans une certaine mesure, j’ai toujours été un grand lecteur de BD) en faisant Whitehorse, je m’imaginais faire une comédie romantique à dialogue, un peu à la Woody Allen, oui, mais j’y vois aussi du Eric Rohmer, Paul Mazursky, Noah Baumbach, Albert Brooks, ce genre de trucs. Côté littérature, Knut Hamsun, Henry Miller et les mémoires de Casanova étaient, pour Whitehorse mais aussi pour toujours, des influences considérables.

6. Quel est ton prochain projet et sur quoi travailles-tu en ce moment ?

Je suis en train de terminer la suite de ma dernière bande dessinée Whitehorse. La date de sortie prévue est novembre 2017. Je suis là-dessus pas mal à temps plein, mais je travaille aussi en parallèle à peaufiner les scénarios d’une web-série que j’ai écrite et qui sera tournée à l’automne. Ça s’appelle Sylvain le Magnifique et le personnage central est un magicien vedette. Pour ce qui est du futur, mon prochain projet BD serait logiquement un western Shérif Junior que je mijote depuis plusieurs années, sur un shérif enfant, très compétent, mais aussi complètement fou. Je travaille aussi à une adaptation en long-métrage de mon livre Vil et misérable, mais ça, je pense que ça risque de prendre plusieurs années encore avant de voir le jour. Je veux scénariser de plus en plus pour la télé et le cinéma en parallèle de mes BD.


→ Lisez la BD sur la Terre Crawford !

 

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